Reconquérir l’autonomie alimentaire de la France et de ses territoires



Au nom de mon groupe parlementaire UDI, je suis intervenu dans la présentation en Commission des affaires économiques le 8 décembre du rapport de la mission d’information sur l’autonomie alimentaire de la France et au sein de ses territoires.


Après avoir salué la création par notre Commission de cette mission d’information sur “l’autonomie alimentaire de la France et au sein de ses territoires”, conduite par nos collègues Pascale BOYER (LREM) et Julien DIVE (LR), pour dresser l’état des lieux de la situation, identifier les forces et les faiblesses de notre modèle agricole et agroalimentaire, et formuler des propositions pour reconquérir l’autonomie alimentaire de la France et de ses territoires, j’ai rappelé qu’il y a urgence à prévenir notre perte d’autonomie alimentaire et qu’il faut d’abord revaloriser le monde agricole pour reconquérir notre pleine souveraineté alimentaire dans un monde globalisé.


Vous trouverez ci-après le texte de mon projet d’intervention (seul le prononcé fait foi).


Il y a urgence à prévenir notre perte d’autonomie alimentaire et je salue donc la création par notre Commission de cette mission d’information sur “l’autonomie alimentaire de la France et au sein de ses territoires”, conduite par nos collègues Pascale BOYER [LaREM, Hautes-Alpes] et Julien DIVE [LR, Aisne], pour dresser l’état des lieux de la situation, identifier les forces et les faiblesses de notre modèle agricole et agroalimentaire, et formuler des propositions pour reconquérir l’autonomie alimentaire de la France et de ses territoires.

Il y a urgence car si aujourd’hui la France est encore la première puissance agricole et alimentaire de l’Europe, son “grenier”, avec un excédent commercial qui s’élève à environ 6 Mds € et une expertise agronomique reconnue, la crise sanitaire a jeté une lumière crue sur notre équation alimentaire, nos agriculteurs et nos dépendances. Certaines filières sont de plus en plus fragiles. La France importe près de 20% de son alimentation. Elle dépend de plus en plus de ses importations et pourrait bientôt connaître son premier déficit commercial agricole.

Le Haut Commissaire au Plan François BAYROU le soulignait d’ailleurs hier dans un grand quotidien économique [Les Échos] : “La France [...] a reculé dans le domaine agricole. Le commerce extérieur dans ce secteur n'est positif qu'en raison, heureusement, des vins et spiritueux. [...] Nous avons une économie de pays sous-développé. Nous exportons les matières premières et on nous revend les produits transformés. C'est le cas pour le bois, pour la pomme de terre. Ce sont des domaines où on peut associer le tissu productif et l'Etat, qui doit être un fédérateur et un stratège.”

Ma conviction d’agriculteur, c’est que pour reconquérir notre pleine souveraineté alimentaire dans un monde globalisé, il faut d’abord revaloriser le monde agricole.

Après l’échec des Etats généraux de l’alimentation de 2018, qui n’avaient pu renforcer le revenu des agriculteurs et prévenir une relance de la guerre des prix, la loi du 18 octobre 2021 inspirée des recommandations de notre collègue Thierry BENOÎT [UDI, Ille-et-Vilaine] et visant à protéger la rémunération des agriculteurs a constitué une avancée, avec notamment les mesures sur la pluriannualité des contrats et leurs contenus, ainsi que la possibilité d’un mécanisme de règlement des différends.

Mais, pour préserver l’exceptionnel écosystème qui nous permet de maîtriser les différents maillons de la chaîne alimentaire, nous devons aller plus loin. Nous devons notamment améliorer le revenu agricole, pas seulement le protéger, traiter l’enjeu de la concentration des centrales d’achat, simplifier les démarches administratives et garantir une certaine stabilité réglementaire, moderniser et faire connaître les formations agricoles à tous les jeunes, poursuivre une politique de transition écologique concertée de l’agriculture pour correspondre aux nouvelles attentes de la société, etc.

Plus largement, je crois que nous avons aussi collectivement la responsabilité de faire évoluer les mentalités sur l’alimentation et les prix des produits agricoles et alimentaires. Bien se nourrir a un coût. Il faut donc mettre un terme aux discours qui entraînent les agriculteurs dans une spirale déflationniste en dévalorisant les produits par la promotion de “prix cassés”.

Ces enjeux et ces défis devront enfin être abordés dans le débat public des prochaines échéances électorales. L'agriculture française mérite une vision et notre ambition.