Projet de loi climat : une abstention motivée !



Après 110 heures de discussion et 9 339 amendements examinés au cours de trois semaines de débats dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, nous avons procédé mardi 4 mai au vote solennel sur le projet de loi “climat et résilience”, lequel avait préalablement fait - pour mémoire - l’objet de 18 mois de préparation (dont 9 dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat) après l’annulation de la taxe carbone suite au mouvement des “gilets jaunes”.


Avec les députés de mon groupe parlementaire UDI, nous nous sommes abstenus. Pourquoi, alors que le texte reprenait certaines de nos propositions (moratoire pour les surfaces commerciales, interdiction des chauffages thermiques pour les terrasses…) ? Voici nos principales motivations.


D’abord sur le fond. J’avais indiqué en début d’examen que je serais très attentif à deux dispositions concernant directement nos territoires ruraux et agricoles. Or, le texte divise finalement par deux sur dix ans le rythme d'artificialisation des sols, ce qui va bien sûr compliquer l’inlassable travail des maires de nos communes rurales qui, tout au long de leur mandat, portent à bout de bras des projets pour attirer les actifs et lutter contre la désertification de leur territoire. Et il rendra obligatoire au 1er janvier 2022 l’alternative d’un menu végétarien par semaine dans les cantines scolaires, alors que cette mesure est en contradiction avec la libre administration des collectivités territoriales et qu’elle s’inscrit dans un air du temps que je déplore vivement, celui de l’agri-bashing et du viande-bashing…


Ensuite sur la forme. Au terme du débat parlementaire, le texte souffre de surpoids et d’hésitation, avec 214 articles, beaucoup de mesures initiales réécrites, des dispositions fixant des objectifs flous et non-contraignants, et plus de 25 rapports prévus, dont certains… annuels ! De plus, seuls 2 amendements du groupe UDI ont été adoptés, sur 160 amendements des groupes d’opposition et, au total, 1 002 amendements adoptés. Les oppositions n’ont pas été écoutées. Sans oublier le caractère inopportun : l’agriculture, l’alimentation et le logement avaient déjà fait l’objet d’évolutions législatives en 2018 ; les transports, l’énergie et le climat en 2019 ; l’économie circulaire et le gaspillage en 2020…


L’examen aura toutefois eu un mérite, que je ne boude pas, celui de clarifier les positions idéologiques. A l’écologie symbolique, dogmatique, décroissante, utopiste et catastrophiste, l’écologie de l’interdit, je préférerai toujours l’écologie scientifique, pragmatique, de la croissance verte, réaliste et du progrès, l’écologie de l’adhésion !