Le président ukrainien devant le Parlement français



J'ai participé à l'accueil par l’Assemblée nationale et le Sénat du président ukrainien Volodymyr ZELENSKY pour une intervention vidéo en direct mercredi 23 mars, près d’un mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine par le président russe Vladimir POUTINE.


L’intervention du président symbole de la résistance ukrainienne s’inscrivait dans le cadre de la campagne de diplomatie publique virtuelle qu’il mène depuis plusieurs semaines devant les institutions parlementaires des principaux pays démocratiques : Parlement européen, Congrès américain, Chambre des communes du Royaume-Uni, Bundestag allemand, Knesset israélienne, Parlement italien, Diète de Pologne, Diète du Japon et Parlement français. Ce faisant, le leader charismatique continue de conduire assez efficacement la bataille de l’opinion publique mondiale dans la guerre de l’information.


Après un point de situation diplomatique et stratégique sur l’évolution de "cette guerre contre la liberté, contre l'égalité, contre la fraternité et contre tout ce que représente l'Union européenne", le président ZELENSKY a appelé la France à mobiliser son "leadership" pour soutenir le peuple d'Ukraine. Il a notamment plaidé pour nous aidions à restaurer l'intégrité territoriale ukrainienne, à livrer des armes supplémentaires, à durcir les sanctions économiques européennes et à instaurer une zone d’exclusion aérienne en Ukraine. Jusqu’à présent, la France, ses partenaires européens et ses alliés de l’OTAN n’ont pas donné suite à cette dernière option pour ne pas prendre le risque d’une extension du conflit.


En résistant en première ligne contre l’agression de la Russie, les Ukrainiens se battent pour faire vivre nos valeurs européennes communes : la paix, la sécurité, la liberté et la démocratie. C’est donc à 2 000 km de l’Assemblée nationale française que se joue l’avenir de la paix et de la sécurité internationales, telles que garanties par les organisations nées au lendemain de la seconde guerre mondiale puis confortées dans l’après guerre froide. Or, si notre liberté n’a pas de prix, elle a un coût. A ce titre, je me réjouis que l’Europe envisage, enfin, de sortir du “sommeil stratégique” dans lequel elle est plongée depuis 30 ans.


L’Exécutif français continue de chercher à tracer un chemin diplomatique. J’ignore quelle sera la longueur de ce chemin. Mais je veux croire que les pourparlers de paix d’Antalya, en cours, pourraient aboutir à un compromis. Ces pourparlers portent sur quatre points principaux : la non-intégration de l’Ukraine à l’OTAN, la Crimée, le Donbass et le statut de la langue russe dans les régions orientales de l’Ukraine. En tout état de cause, la solution diplomatique devra favoriser un compromis équilibré qui mette un terme à la violence sans pour autant revenir à récompenser son usage dans la gestion des relations internationales.


L’Assemblée nationale est ainsi mobilisée depuis le début du conflit. Le 1er mars, nous avions tenu un débat après une déclaration du Gouvernement sur la décision de la Russie de faire la guerre à l’Ukraine. La commission de la Défense a ensuite mené des auditions.


Localement, j'avais organisé un point presse le 3 mars pour faire connaître les initiatives locales en soutien aux Ukrainiens et à l’Ukraine, à l’instar de celle d’Oléna GONTECHAROVA qui accueille dans l’Avalonnais 17 Ukrainiens qui ont fui leur pays.